Soleil rouge (« Soleil rouge ») Terence Young, 1971

Bronson Mifune

Charles Bronson et Toshirô Mifune

Dans l’Ouest américain de la fin du 19ème siècle, Link Stuart (Charles Bronson), un bandit, attaque avec sa bande un train transportant de l’or. Mais dans ce convoi voyagent aussi un ambassadeur du japon et ses deux samouraïs, qui comptent remettre au Président des États-Unis, de la part de l’Empereur du Japon, un sabre d’une très grande valeur. Découvrant l’objet, Gotch (Alain Delon), homme de main de Link, tue un des deux samouraïs, vole le sabre, et tente de se débarrasser de son complice en lui expédiant une charge de dynamite, avant de prendre la fuite avec l’or. Le samouraï survivant, Kuroda (Toshirô Mifune), soigne alors Link, car il compte sur lui pour rattraper et tuer Gotch, et récupérer le fameux sabre. Mais Link ne l’entend pas de cette oreille, car il compte bien récupérer l’or dont son ex-complice l’a privé, et pour cela, il le veut vivant pour le faire parler…

Le duo entre Charles Bronson et Mifune est savoureux. On sent une réelle complicité entre ces deux acteurs, et toute la partie où Link essaye d’échapper à Kuroda est absolument réjouissante. Charles Bronson compose un personnage vraiment attachant, canaille et blagueur, et adopte un jeu très drôle, grimacier et volubile (préfigurant le rôle de Graham dans Ç’est arrivé entre midi et trois heures), alors que Mifune se réserve celui du combattant hiératique et taiseux, ordinairement réservé à Bronson lui-même ! Ce duo comique fonctionne étonnamment bien, et porte même entièrement le film, malheureusement paresseux dans son montage et sa mise en scène.

Soleil Rouge

Charles Bronson et Alain Delon

Le personnage de Gotch est mal utilisé, n’apparaissant qu’au début et vers la fin de l’histoire. Contrairement à Adieu l’Ami, sorti trois ans auparavant, Delon et Bronson ont peu de scènes en commun, et leur duel final est bien vite expédié. Alain Delon, à mon sens une erreur de casting, n’a pas les épaules pour jouer un véritable « méchant ». Vêtu de manière étriquée d’un costume de dandy qui semble constamment sortir, fraichement repassé, du teinturier, les tentatives de l’acteur pour se donner un air froid et cruel sont, de plus, assez vaines, mais contribuent (involontairement ?) au côté comique du film. Ursula Andress, qui joue la maîtresse de Gotch, tient un rôle assez peu intéressant, voire uniquement décoratif (tout comme son cheval, une superbe bête de concours jamais vue dans un western !) Sa participation consiste en effet essentiellement à se dévêtir et à se faire attraper par des indiens. Ces fameux indiens sont le clou du spectacle : mal maquillés, ils ne sont pas crédibles pour deux sous. La scène finale aussi est honteuse, totalement bâclée, voire même incompréhensible. La musique de Maurice Jarre ne correspond pas non plus au style du film, qu’elle plombe assez souvent.

Soleil Rouge

Charles Bronson, Alain Delon, Ursula Andress et Toshirô Mifune

Ces défauts sont bien dommages, car dans sa première moitié, c’est plutôt un bon film, qui vaut pour le duo Bronson/Mifune. La scène du combat au bâton contre le sabre, ou celle du moustique, avec la tête édifiée de Bronson, sont inoubliables, et laissent deviner ce qu’aurait pu donner la réalisation avec plus de rigueur.

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Un commentaire pour Soleil rouge (« Soleil rouge ») Terence Young, 1971

  1. valcogne dit :

    On ne peut mieux dire.

    J'aime

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