Un colt pour trois salopards (« Hannie Caulder ») Burt Kennedy, 1971

Hannie Caulder (Raquel Welch) et son mentor Thomas Luther Price (Robert Culp)

Hannie Caulder (Raquel Welch) et son mentor Thomas Luther Price (Robert Culp)

Trois abominables bandits, les frères Clemens (Ernest Borgnine, Jack Elam, et Strother Martin), violent Hannie Caulder (Raquel Welch) après avoir tué son mari. Hannie décide de se venger. Thomas Luther Price (Robert Culp), un chasseur de prime compatissant, lui enseigne le maniement des armes.

Avant le film proprement dit, il faut supporter la vision d’un générique interminable, dans lequel Raquel Welch est représentée par un dessin hideux. Raquel Welch justement ne brille pas par son jeu d’actrice, loin de là, et sa vengeance est bien peu crédible : cette pauvre femme, qui a survécu au viol commis par trois hommes (sans tomber enceinte) et n’a jamais touché une arme de sa vie, devient assez rapidement une tueuse accomplie, et descend trois tueurs professionnels ! Pour le dernier, elle se retrouve aidée par un « Deus ex machina » incarné : un mystérieux homme en noir qui vient lui prêter main-forte, sans que le scénario ne daigne expliquer sa présence.

Strother Martin, Ernest Borgnine et Jack Elam, façon Dalton.

Strother Martin, Ernest Borgnine et Jack Elam, façon Dalton.

L’intérêt du film réside uniquement dans la réunion de vieux briscards qui s’en donnent à cœur joie : Ernest Borgnine, Jack Elam et Strother Martin composent une « famille » de bandits complètement crétins. La palme à Strother Martin, qui se régale à flinguer tous les malheureux qui passent à sa portée ! Syndrome post-Peckinpah, sans doute. Jack Elam est le moins valorisé des trois, on ne le voit même pas jouer de son fameux strabisme divergent. Ernest Borgnine, en roue libre, trépigne et engueule ses frères, rappelant furieusement Joe Dalton dans la bande-dessinée Lucky Luke. On remarquera aussi Christopher Lee dans le rôle d’un armurier. Tous ces personnages sont malheureusement sous-exploités, l’essentiel de l’écran étant occupé par Raquel Welch.

Raquel Welch et Christopher Lee

Raquel Welch et Christopher Lee

Ce film poussif a du mal à passionner. La faute en partie à une réalisation très plate, sans imagination. Voir le casse de la banque, qui lorgne vers celui de La Horde sauvage (la présence d’Ernest Borgnine et de Strother Martin accentuant la filiation), sans en avoir ni la dimension, ni le sens du rythme et de la découpe. A noter cependant un cadrage original lors de cette scène : le point de vue de la balle dans le canon de fusil braqué sur le personnel de la banque ! Enfin, lors de la confrontation entre Ernest Borgnine et Robert Culp, Burt Kennedy inflige au spectateur le ralenti le plus mal fait jamais vu au cinéma.

Un colt pour trois salopards est un film britannique qui tente d’imiter les westerns « spaghettis », mais pas les meilleurs du genre. On y retrouve les mêmes décors, laids et sans envergure. Malgré une certaine réflexion sur la vengeance et la violence, on est loin de Sam Peckinpah (ou de Sergio Leone, pour rester chez les réalisateurs européens). Un film aisément oubliable, à sauver pour la plastique de Raquel Welch, qui ravira les spectateurs masculins…

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4 commentaires pour Un colt pour trois salopards (« Hannie Caulder ») Burt Kennedy, 1971

  1. walkfredjay dit :

    Comme toujours Evy, tes arguments font mouche. Mais pour d’inexplicables raisons (et pas seulement le poncho de Raquel !), j’adore ce film, sa simplicité, ses personnages échappés d’une BD (oui, bien sûr, on pense aux Dalton), son utilisation du Scope, etc.
    Il y a des attachements cinéphiliques qui ne s’expliquent pas… 🙂

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  2. valcogne dit :

    Ce qui est Culte pour les uns peut être Culcul pour les autres, et réciproquement…L’important c’est de se distraire.

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  3. Patrick dit :

     » à sauver pour la plastique de Raquel Welch, qui ravira les spectateurs masculins… »
    Je confirme…
    Sinon j’ai bien aimé ce western qui est quand même moins fade que les autres westerns de Burt Kennedy.

    Aimé par 1 personne

  4. Claude dit :

    J’admets que je partage à la fois ton analyse et le coup de « coeur » (?) de walkfredjay …

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